Hugues Cote: Poèmes

Où es-tu ?

Pourquoi les fuis-tu?
Tu pourrais leur rendre leur humanité
Mon amie générosité
Tu restes tapie dans l’ombre d’un troubadour
Mon amour
Être d’une petite civilisation
Trublion de la fusion
Ensemble on est bien
Viens
J’ai envie
De t’imposer
De t’exposer
En déesse de la vie
Te fêter
Je voudrais te présenter
À ces âmes malheureuses
Qui se pensent heureuses
Le verbe facile
Mais aux actions imbéciles
L’intelligence du livre flamboyante
Des autistes
Quand il s’agit de l’intelligence du cœur
Sombre histoire de mœurs
Et de petites mentalités
Tu m’as habité
Tu m’as gâté
Tu pourrais leur rendre leur humanité
Mon amie générosité
Et quand je te sors
Ils ne veulent pas te voir
Comme avec moi d’ailleurs
Qui semble venir d’ailleurs
Pourtant un des leurs
Au diable les pleurs
Marre d’être bâillonner
Va aussi les harponner
Tu verras
Tu réussiras

Où même les dieux ont failli
Agis
Exorcise les surhumains
Pour les rendre humain
Demain
Pour le bien de l’humanité
Et apaiser la nervosité
De ceux dont ils piétinent la dignité
Qui désacralise la notion de liberté
Redonner du sens au mot égalité
Une vraie saveur à la fraternité
Qu’ils perçoivent ton intensité
Ta clarté
Je t’aime
Pour le salut de leurs âmes
Pour nos enfants
Sois brillante
Oublie leurs imbécilités
Soigne leurs vanités
Au nom de notre amitié et de l’unité
L’être ne doit pas être fragmenté
Ne me donne pas l’exclusivité
laisse-les goûter
Expérimenter
La beauté
Les possibilités
De l’universalité
Tu pourrais leur rendre leur humanité
Mon amie générosité

***

L’Artiste

Je l’ai vue
Entendue
Ému, mes larmes sont allées à la rencontre de son âme

***

Blog de l’auteur ici.

Hugues Cote

Coming soon!

L’intérêt de Maryse Cayemitte-Elysée pour l’art poétique remonte à  son adolescence en Haïti, pays natal de l’auteure—une époque marquée par un vibrant amour, non seulement pour les sonnets de Ronsard et les ballades de Musset, mais aussi pour le romantisme de Durand et l’immense tristesse se dégageant des œuvres d’Ardouin.

Les encouragements répétés de ses professeurs de littératures française et haïtienne qui voyaient en Maryse un poète en herbe contribuèrent largement à développer son talent. L’auteure se rappelle l’extase de Dieudonné Fardin sur Musique, un poème évoquant Les Gouverneurs de la Rosée. Un jour, Jean-Claude Fignolé, devant toute une salle de classe, usa son talent de diseur chevronné pour déclamer les vers de Maryse, comme s’il s’agissait de ceux d’un Verlaine ou d’un Dépestre. C’était la validation qu’il fallait à l’artiste pour continuer à pincer la lyre poétique. Bientôt virent le jour des poèmes tels que Réveil de la Nature, Musique, et Coup de Foudre.

Maryse émigra aux Etats Unis en 1972, abandonnant ses études à la Faculté de Droit & des Sciences Economiques de Port-au-Prince.  Sa première destination fut Maryland où la nostalgie de son pays s’exprima à travers quelques élégies, telles que Fille d’Haïti, Nuits Quisquéyennes, Cafard, Mélancolie, et Savane Désolée. A Boston, elle composa Spleen, Ma Chance, Conversion, Cœur Blessé, et Soif, traduisant la solitude et l’isolement d’une jeune fille poursuivant des études académiques loin de la sollicitude de sa famille.

Revenue à Manhattan, le rythme trépidant de la vie lui volèrent le temps d’examiner ses émotions et d’emprunter le pas au lyrisme de Voltaire ou de Brièrre.  Elle écrivit quand même L’Attente, Yeux, Illusions Perdues, Pourquoi, et quelques autres, traduisant les tumultes d’une existence en quête d’identité.

En 1988, le froid du nord la chassa et Maryse s’établit en Floride.  Miami aurait été la venue idéale pour pincer la folle du logis.  Néanmoins, la muse s’est soudainement tari hormis les esquisses telles que Confidence, Aveu, et A Haitian Epic (une pièce écrite en 1990 a l’intention de ses nombreux élèves Haïtiens en deuxième année élémentaire, en vue de les familiariser avec notre superbe épopée historique de 1804).